Estos

- Carte / Le Paysage

-- cadre géomorphologique

Estos, petite commune du piémont pyrénéen, peut être divisée en trois secteurs différents à la fois par la nature de leur sous sol, leur relief, leur végétation spontanée et l'utilisation qui en est faite par l'homme


La vallée du Gave est couverte par un épandage de sédiments fluvio-glaciaires : galets, graviers, sables et argiles. Ces sédiments ont été arrachés aux reliefs des Pyrénées, puis transportés lors de périodes de fonte des glaces (glaciations du Riss et Würm I remontant à - 100 000 ans)


Ce transport des galets, roulés au fond des cours d'eau, leur donne leur forme arrondie ; certains sont traînés au fond et prennent alors une forme aplatie : ce sont les meilleurs pour faire des ricochets ! Parmi ces galets, certains sont constitués de granite qui ne peuvent venir que du secteur d'Artouste, ce qui représente un trajet de quelques 70 kilomètres




L'épandage par l'eau répartit ces sédiments en surfaces sub-horizontales : les terrasses alluviales. Ces sols à la fois riches et bien drainés, ont une forte valeur agricole et ont commencé à être défrichés dès le néolithique, lorsque les hommes sont passés du stade chasseur cueilleur au stade éleveur agriculteur. Le problème principal vient des galets qui rendent les labours pénibles et compromettent la réussite des semis ; il faut donc les extraire pour les entasser en bordure de champ où ils constituent les "barats" limitant les parcelles. Ils peuvent aussi être utilisés dans les maçonneries traditionnelles. Ces terres agricoles sont essentiellement vouées à la maïsculture. Actuellement, ces terrains bien plats sont aussi valorisés par les lotissements et dans certains secteurs, les villas poussent encore plus vite que le maïs !

 

La vallée de l'Abérou est tapissée d'alluvions sub-actuelles : des particules argileuses, arrachées aux côteaux voisins, s'accumulent et forment un sol lourd et humide : c'est le quartier du Junca où les joncs, les saules, les aulnes et les frênes poussent à merveille. Ces terres, une fois défrichées et drainées, conviennent à la prairie et au maïs qui réussit bien en année sèche

 

La pression immobilière est ici limitée : il vaudrait mieux construire un puits ou une piscine qu'une villa avec cave et garage enterrés !

 

Les côteaux sont constitués de calcaires en petits bancs, plus ou moins mélés d'argiles et de marnes, alternant avec des bancs gréseux, datant du Sénonien et du Campanien (environ 70 millions d'années). Ces roches se sont mises en place lorsque la région était située sous une mer peu profonde, comme en témoignent les microfossiles marins que l'on peut y trouver

 

Ces roches ont été soulevées lors de la formation des Pyrénées et, relativement résistantes à l'érosion, elles forment des coteaux d'altitude modérée et de pentes variables

 

Des forêts de chênes mélés de châtaigniers ont colonisé ces reliefs. Ces essences sont utilisées pour le bois de chauffe et de trituration (les châtaigniers étaient utilisés pour le tanin et pour la pâte à papier) Dans les années 70, les surfaces les moins pentues donc facilement mécanisables ont été défrichées pour implanter maïs et prairie

 

L'alternance de sites ouverts et ombragés, le panorama souvent magnifique font de ce secteur un agréable lieu de promenade. Je me suis laissé dire que d'aucuns y récoltent parfois des cèpes...

 

En conclusion, on peut retenir que le visage d'Estos n'a jamais été figé : zone de mer peu profonde puis lit d'un torrent impétueux, ensuite zone forestière bientôt défrichée pour les besoins de l'agriculture qui aujourd'hui cède peu à peu le terrain à l'extension urbaine de la périphérie d'Oloron Ste Marie